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De Ouistreham à
Saint Laurent,
Non,
Nous ne savions pas quand
nous étions enfants
Que les plages de nos vacances
C'était autant,
c'était autant
Le sol de France
De Ouistreham à Arromanches
Combien d'acier, combien
de feu
Pour que le sable de nos
jeux
Fut rendu à d'autres
enfances
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Combien de vies, combien
de sang
D'outre océan et
d'outre-Manche
Ont écoulé
leurs espérances
De Courseulles à
Saint Laurent
Tous ces marins perdus en
terre
Sous les pommiers de Normandie
Ce sont les morts de notre
guerre,
L'herbe sur eux a reverdi
Non,
Nous ne savions pas...
Maurice Druon
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